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Respiration du rebirth et respiration
yogique
Depuis plus de 20
ans, j'ai eu l'opportunité de pratiquer et/ou de faire pratiquer la
respiration dans le cadre de différentes disciplines de bien-être
et d'évolution personnelle; des similarités existent dans les
pratiques du souffle mais aussi, comme nous le verrons, des
différences marquées en fonction des techniques.
La respiration
yogique, appelons-là prânayâma pour simplifier les choses, telle
qu'elle est pratiquée en Europe, le plus souvent lors de séances de
hatha-yoga, est familière à de nombreuses personnes; c'est moins le
cas de celle du rebirth qui demeure assez peu connue du grand public.
Nous examinerons,
en essayant d'aller à l'essentiel, les spécificités de ces deux
types de respiration tels qu'ils sont pratiqués dans nos pays. Nous
verrons également en quoi la respiration du rebirth se distingue du
prânayâma et en quoi réside sa véritable force.
Notons dès à
présent, que le rebirth correspond à une forme de respiration
unique (même si on peut lui reconnaître de légères variantes),
tandis que le prânayâma fait appel à de très nombreuses
techniques; la comparaison entre les deux n'est par conséquent pas
simple, je me limiterai donc à ce qui me paraît être l'essentiel.
La respiration
yogique
Tel
que nous le décrit l'un des pionniers du yoga en Occident, André
Van Lysebeth, dans son livre Pranayama, - la dynamique du souffle,
« Le prânayâma a pour but d'accroître l'absorption et la
fixation du prâna, de l'accumuler dans certains centres, puis de
répartir cette énergie dans notre corps. ».
Le
prâna étant cette énergie subtile présente partout dans
l'univers, la finalité de la respiration yogique, on le comprend,
est donc avant tout énergétique, elle est de ressourcer le corps.
Elle contribue ainsi largement à ce sentiment de bien-être, de
plénitude, d'avoir pleinement rechargé les batteries que l'on peut
ressentir profondément après une session de yoga où le souffle a
été largement sollicité.
On peut toutefois
ajouter que le rayon d'action du prânayâma déborde largement de ce
plan énergétique, puisque la maîtrise de ce type de souffle
contribue aussi, notamment et entre autres, à une purification et
une bonne relaxation du corps, à une diminution du stress, à une
plus grande clarté mentale, à une meilleur faculté à contrôler
les émotions ainsi qu'à un vécu méditatif.
La pratique du
prânayâma se présente donc sous de nombreuses formes et nécessite
de se conformer à un cadre parfois assez rigoureux et à des
modalités respiratoires bien spécifiques. Cette respiration se
veut, en règle générale, abdominale, s'appuyant sur le principe
que notre centre de gravité énergétique est situé au niveau du
ventre.
La plupart des
exercices, structurés et cadrés dans leur nature, impliquent une
pratique du souffle par le nez, l'existence de pauses respiratoires
entre inspir et expir, un rythme avec des proportions imposées entre
les différentes phase de la respiration qui sont les suivantes :
expir, pause respiratoire, inspir, pause respiratoire.
Ainsi, pour
éclairer ceci par un exemple, la technique dite de prânayâma carré
exige que les 4 phases respiratoires décrites ci-dessus soient
pratiquées chacune pendant une durée similaire (d'où la notion de
carré) pendant un certain nombre d'unités de temps bien précises –
par exemple 6 temps ou toute autre périodicité choisie; on compte
mentalement jusqu'à 6 tout en inspirant avant d'entamer une pause
post-inspiratoire à nouveau sur 6 temps, etc...; plus l'on pratique
longtemps et plus le mental tend à s'estomper.
D'autres
exercices de prânayâma sont plus sophistiqués et, tels bhastrika
(le soufflet), demandent également un accompagnement par contrôle
de la sangle abdominale ou par la mise en place de bandhas
(contractions musculaires).
La respiration
du rebirth
Cette technique,
que l'on peut qualifier de respiration en surventilation, se pratique
en conscience et de façon soutenue, le plus souvent par la bouche
(le nez est toutefois une option possible), en conjuguant puissance
et douceur; le souffle est dit connecté, c'est-à-dire sans phase de
rétention entre l'inspir et l'expir qui se succèdent et
s'enchaînent répétitivement.
Dans cette
technique, on installe un inspir profond que l'on fait suivre d'un
expir détendu; la proportion entre la durée des deux uniques phases
respiratoires importe peu dès que l'on a trouvé un confort dans cet
art respiratoire. La conscience du souffle, quant à elle, se déplace
des pieds à la tête et de la tête aux pieds, en accordant une
attention toute particulière au haut de la poitrine, siège de
nombreuses mémoires liées à notre naissance.
La respiration du
rebirth, loin d'être rigide, est un abandon naturel à tout ce que
l'univers peut nous offrir à l'inspir et à ce que nous lui donnons
à recycler sur chaque expir. Les quelques consignes techniques que
nous venons de voir suffisent pour pratiquer ce type de respiration;
ceci ne veut pas dire pour autant qu'on devient immédiatement
autonome, un accompagnement est vraiment nécessaire pendant les
premiers temps d'expérimentation de cette discipline.
On voit de suite
l'extrême simplicité caractérisant cette technique. Même si, lors
d'une première expérience, ce mode respiratoire intense peut
paraître un peu surprenant compte tenu de notre façon habituelle et
souvent retenue de respirer, il s'agit, à n'en pas douter, d'une
forme de respiration très naturelle; elle se rapproche en effet de
celle du dormeur en phase profonde ou de celle du bébé ou jeune
enfant avant que la vie et ses aléas ne l'aient conduit à adopter
un autre schéma respiratoire plus contraint.
La respiration du
rebirth mérite, à mon sens, d'être véritablement qualifiée
d'holistique tant elle interagit avec chacun des plans qui nous
constituent :
- elle purifie et
relaxe profondément le corps physique, permet d'activer puissamment
tous les liquides du corps, de masser les organes et de contribuer à
la libération des tensions physiques là où elles se manifestent,
- elle nourrit
chacune des cellules du corps, apporte regain de tonus et de vitalité
et procède à une harmonisation de tout notre système énergétique,
- elle est une
porte d'entrée spirituelle, autorisant, dans le lâcher prise, une
très grande palette d'expériences, certaines pouvant être
qualifiées d'unificatrices ou d'extatiques,
- elle contribue
enfin avec une très grande efficacité, et c'est l'une de ses
caractéristiques majeures, à favoriser la libération des énergies
bloquées par les émotions qui se sont inscrites dans le corps.
Ce en quoi le
respiration du rebirth se distingue du prânayâma
Il existe à l'évidence certains points communs entre les deux types
de respiration étudiés, mais aussi de nombreuses différences.
Réalisés en conscience, ils contribuent l'un et l'autre à la
santé, à l'équilibre et au mieux-être de l'être humain, sur les
plans physique, énergétique, émotionnel et mental; ils offrent
également un magnifique accès à une vaste palette de vécus
spirituels.
Les caractéristiques qui donnent toute son efficacité et sa
spécificité à la respiration du rebirth, la distinguant clairement
du prânayâma sont les suivantes :
- l'intensité du souffle, une surventilation qui, par définition,
accroît considérablement le volume d'air normal absorbé dans un
espace de temps donné et qui active puissamment le processus de
purification du corps,
- la pratique par la bouche (en général), qui permet une prise
d'air beaucoup plus ample que lors d'une respiration par le nez,
renforçant encore l'intensité de l'expérience,
- la connexion en boucle de l'inspir et de l'expir, l'absence de
pauses respiratoires empêchant durablement le mental de s'installer,
- la durée conséquente de la session de respiration, souvent autour
d'une heure, qui finit par favoriser la libération du mental, pour
peu que la personne soit disposée à le lâcher,
- la grande simplicité de son mode opératoire qui fait que le
mental n'a pas à se fixer sur des contingences telles : rythme,
nombre de temps, rétentions, contrôle musculaire éventuel, etc...,
qui peuvent empêcher le respirant de s'abandonner à l'expérience,
- la disponibilité du pratiquant qui sait que cette discipline
l'invite à lâcher prise, à se relâcher totalement en toute
sécurité, quoi qu'il arrive, face à l'émergence possible de
matériau émotionnel refoulé.
A titre de comparaison, les patterns respiratoires du prânayâma
diffèrent sensiblement des caractéristiques énoncées ci-dessus;
ils sont, en règle assez générale, moins intenses, plus rigoureux,
utilisent une respiration calme, par le nez, sur un mode bien
structuré et avec une durée de pratique souvent volontairement
limitée, de manière à ce qu'ils ne puissent pas déclencher de
situations à caractère psycho-émotionnel.
Conclusion
Au final, ce qui différencie le plus la respiration du rebirth de la
respiration yogique, est sa capacité à déclencher, avec facilité
et dans la douceur, de grands nettoyages émotionnels ainsi qu'à
offrir, rapidement et facilement, l'accès à de puissantes
expériences spirituelles et transpersonnelles. Bien plus qu'une
simple discipline d'entretien et de santé, le rebirth constitue une
voie d'évolution rapide, que certains n'ont pas hésité à appeler
« la voie royale ».
On retiendra que les deux types de respiration étudiés proposent
chacun de vastes domaines d'expérimentations propices à
l'épanouissement de l'être humain. Chaque personne peut, en
fonction de ses désirs et de ses aspirations au bien-être et au
changement, décider de pratiquer avantageusement une forme de
respiration plutôt que l'autre, voire même, car rien ne l'en
empêche, de pratiquer parfois l'une et parfois l'autre...
Donnons du souffle à notre vie !
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