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Respiration du Rebirth et Respiration Yogique (Pranayama)

 

 

par Luc Enaut

 

le 2 avril 2010

sur ce site

 

 

Respiration du rebirth et respiration yogique

 

Depuis plus de 20 ans, j'ai eu l'opportunité de pratiquer et/ou de faire pratiquer la respiration dans le cadre de différentes disciplines de bien-être et d'évolution personnelle; des similarités existent dans les pratiques du souffle mais aussi, comme nous le verrons, des différences marquées en fonction des techniques.

La respiration yogique, appelons-là prânayâma pour simplifier les choses, telle qu'elle est pratiquée en Europe, le plus souvent lors de séances de hatha-yoga, est familière à de nombreuses personnes; c'est moins le cas de celle du rebirth qui demeure assez peu connue du grand public.

Nous examinerons, en essayant d'aller à l'essentiel, les spécificités de ces deux types de respiration tels qu'ils sont pratiqués dans nos pays. Nous verrons également en quoi la respiration du rebirth se distingue du prânayâma et en quoi réside sa véritable force.

Notons dès à présent, que le rebirth correspond à une forme de respiration unique (même si on peut lui reconnaître de légères variantes), tandis que le prânayâma fait appel à de très nombreuses techniques; la comparaison entre les deux n'est par conséquent pas simple, je me limiterai donc à ce qui me paraît être l'essentiel.

 

La respiration yogique

 

Tel que nous le décrit l'un des pionniers du yoga en Occident, André Van Lysebeth, dans son livre Pranayama, - la dynamique du souffle, « Le prânayâma a pour but d'accroître l'absorption et la fixation du prâna, de l'accumuler dans certains centres, puis de répartir cette énergie dans notre corps. ».

Le prâna étant cette énergie subtile présente partout dans l'univers, la finalité de la respiration yogique, on le comprend, est donc avant tout énergétique, elle est de ressourcer le corps. Elle contribue ainsi largement à ce sentiment de bien-être, de plénitude, d'avoir pleinement rechargé les batteries que l'on peut ressentir profondément après une session de yoga où le souffle a été largement sollicité.

On peut toutefois ajouter que le rayon d'action du prânayâma déborde largement de ce plan énergétique, puisque la maîtrise de ce type de souffle contribue aussi, notamment et entre autres, à une purification et une bonne relaxation du corps, à une diminution du stress, à une plus grande clarté mentale, à une meilleur faculté à contrôler les émotions ainsi qu'à un vécu méditatif.

La pratique du prânayâma se présente donc sous de nombreuses formes et nécessite de se conformer à un cadre parfois assez rigoureux et à des modalités respiratoires bien spécifiques. Cette respiration se veut, en règle générale, abdominale, s'appuyant sur le principe que notre centre de gravité énergétique est situé au niveau du ventre.

La plupart des exercices, structurés et cadrés dans leur nature, impliquent une pratique du souffle par le nez, l'existence de pauses respiratoires entre inspir et expir, un rythme avec des proportions imposées entre les différentes phase de la respiration qui sont les suivantes : expir, pause respiratoire, inspir, pause respiratoire.

Ainsi, pour éclairer ceci par un exemple, la technique dite de prânayâma carré exige que les 4 phases respiratoires décrites ci-dessus soient pratiquées chacune pendant une durée similaire (d'où la notion de carré) pendant un certain nombre d'unités de temps bien précises – par exemple 6 temps ou toute autre périodicité choisie; on compte mentalement jusqu'à 6 tout en inspirant avant d'entamer une pause post-inspiratoire à nouveau sur 6 temps, etc...; plus l'on pratique longtemps et plus le mental tend à s'estomper.

D'autres exercices de prânayâma sont plus sophistiqués et, tels bhastrika (le soufflet), demandent également un accompagnement par contrôle de la sangle abdominale ou par la mise en place de bandhas (contractions musculaires).

 

La respiration du rebirth

 

Cette technique, que l'on peut qualifier de respiration en surventilation, se pratique en conscience et de façon soutenue, le plus souvent par la bouche (le nez est toutefois une option possible), en conjuguant puissance et douceur; le souffle est dit connecté, c'est-à-dire sans phase de rétention entre l'inspir et l'expir qui se succèdent et s'enchaînent répétitivement.

Dans cette technique, on installe un inspir profond que l'on fait suivre d'un expir détendu; la proportion entre la durée des deux uniques phases respiratoires importe peu dès que l'on a trouvé un confort dans cet art respiratoire. La conscience du souffle, quant à elle, se déplace des pieds à la tête et de la tête aux pieds, en accordant une attention toute particulière au haut de la poitrine, siège de nombreuses mémoires liées à notre naissance.

La respiration du rebirth, loin d'être rigide, est un abandon naturel à tout ce que l'univers peut nous offrir à l'inspir et à ce que nous lui donnons à recycler sur chaque expir. Les quelques consignes techniques que nous venons de voir suffisent pour pratiquer ce type de respiration; ceci ne veut pas dire pour autant qu'on devient immédiatement autonome, un accompagnement est vraiment nécessaire pendant les premiers temps d'expérimentation de cette discipline.

On voit de suite l'extrême simplicité caractérisant cette technique. Même si, lors d'une première expérience, ce mode respiratoire intense peut paraître un peu surprenant compte tenu de notre façon habituelle et souvent retenue de respirer, il s'agit, à n'en pas douter, d'une forme de respiration très naturelle; elle se rapproche en effet de celle du dormeur en phase profonde ou de celle du bébé ou jeune enfant avant que la vie et ses aléas ne l'aient conduit à adopter un autre schéma respiratoire plus contraint.

La respiration du rebirth mérite, à mon sens, d'être véritablement qualifiée d'holistique tant elle interagit avec chacun des plans qui nous constituent :

- elle purifie et relaxe profondément le corps physique, permet d'activer puissamment tous les liquides du corps, de masser les organes et de contribuer à la libération des tensions physiques là où elles se manifestent,

- elle nourrit chacune des cellules du corps, apporte regain de tonus et de vitalité et procède à une harmonisation de tout notre système énergétique,

- elle est une porte d'entrée spirituelle, autorisant, dans le lâcher prise, une très grande palette d'expériences, certaines pouvant être qualifiées d'unificatrices ou d'extatiques,

- elle contribue enfin avec une très grande efficacité, et c'est l'une de ses caractéristiques majeures, à favoriser la libération des énergies bloquées par les émotions qui se sont inscrites dans le corps.

 

Ce en quoi le respiration du rebirth se distingue du prânayâma

 

Il existe à l'évidence certains points communs entre les deux types de respiration étudiés, mais aussi de nombreuses différences. Réalisés en conscience, ils contribuent l'un et l'autre à la santé, à l'équilibre et au mieux-être de l'être humain, sur les plans physique, énergétique, émotionnel et mental; ils offrent également un magnifique accès à une vaste palette de vécus spirituels.

Les caractéristiques qui donnent toute son efficacité et sa spécificité à la respiration du rebirth, la distinguant clairement du prânayâma sont les suivantes :

- l'intensité du souffle, une surventilation qui, par définition, accroît considérablement le volume d'air normal absorbé dans un espace de temps donné et qui active puissamment le processus de purification du corps,

- la pratique par la bouche (en général), qui permet une prise d'air beaucoup plus ample que lors d'une respiration par le nez, renforçant encore l'intensité de l'expérience,

- la connexion en boucle de l'inspir et de l'expir, l'absence de pauses respiratoires empêchant durablement le mental de s'installer,

- la durée conséquente de la session de respiration, souvent autour d'une heure, qui finit par favoriser la libération du mental, pour peu que la personne soit disposée à le lâcher,

- la grande simplicité de son mode opératoire qui fait que le mental n'a pas à se fixer sur des contingences telles : rythme, nombre de temps, rétentions, contrôle musculaire éventuel, etc..., qui peuvent empêcher le respirant de s'abandonner à l'expérience,

- la disponibilité du pratiquant qui sait que cette discipline l'invite à lâcher prise, à se relâcher totalement en toute sécurité, quoi qu'il arrive, face à l'émergence possible de matériau émotionnel refoulé.

A titre de comparaison, les patterns respiratoires du prânayâma diffèrent sensiblement des caractéristiques énoncées ci-dessus; ils sont, en règle assez générale, moins intenses, plus rigoureux, utilisent une respiration calme, par le nez, sur un mode bien structuré et avec une durée de pratique souvent volontairement limitée, de manière à ce qu'ils ne puissent pas déclencher de situations à caractère psycho-émotionnel.

 

Conclusion

 

Au final, ce qui différencie le plus la respiration du rebirth de la respiration yogique, est sa capacité à déclencher, avec facilité et dans la douceur, de grands nettoyages émotionnels ainsi qu'à offrir, rapidement et facilement, l'accès à de puissantes expériences spirituelles et transpersonnelles. Bien plus qu'une simple discipline d'entretien et de santé, le rebirth constitue une voie d'évolution rapide, que certains n'ont pas hésité à appeler « la voie royale ».

On retiendra que les deux types de respiration étudiés proposent chacun de vastes domaines d'expérimentations propices à l'épanouissement de l'être humain. Chaque personne peut, en fonction de ses désirs et de ses aspirations au bien-être et au changement, décider de pratiquer avantageusement une forme de respiration plutôt que l'autre, voire même, car rien ne l'en empêche, de pratiquer parfois l'une et parfois l'autre...

Donnons du souffle à notre vie !

 

 

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 14 août 2011.

 

 

Sous le soleil de la conscience chaque pensée ou action devient sacrée. Thich Nhat Hanh